Séance 1 (mardi 7 octobre 2025)
Visionnage du court métrage documentaire España 1936
Court-métrage de 35 minutes réalisé par Jean-Paul Le Chanois et produit et co-écrit par Luis Buñuel. Ce dernier, réalisateur appartenant au courant surréaliste, est, depuis septembre 1936, chargé de cataloguer et distribuer des films de propagande au service de l’ambassade parisienne de la République espagnole. C’est dans ce cadre qu’il produit España 1936 très peu de temps après le début de la guerre, en 1937. Le film ne porte donc que sur la première année de la Guerre d’Espagne qui durera 3 ans, jusqu’en 1939. Sa volonté est de « présenter objectivement les deux côtés », même si le gros des images et le ton sont clairement du côté des Républicains.
Le film est un montage de documents filmés et de photos issus de sources variées, accompagné d’une voix off plutôt descriptive. Il contient beaucoup de séquences inédites et historiquement importantes : le discours de Alvarez del Vayo à la Société des Nations, le discours de La Pasionaria (Dolores Ibárruri, leadeuse communiste charismatique connue notamment pour son slogan ¡No Pasarán! pendant la bataille de Madrid) à Paris, la défence d’Irún et de San Sebastián par les miliciens basques et les batailles dans les rues de Carabanchel, Casa de Campo, Parque del Oeste et Somosierra.
La projection a été suivie d’une discussion avec les personnes présentes. Quelques questions ouvertes ont été lancé pour aider à la réflexion : qu’est-ce qu’on a aimé et pas aimé ? qu’est-ce qu’on a pas compris ? qu’est ce qui nous a étonné ?
Quelques remarques et questionnements de différentes personnes lors de cette discussion :
• la qualité du son n’est pas très bonne, difficile par moment de comprendre la voix off, et encore pire pendant les discours enregistrés.
• très propagandiste côté républicain (on entend tout le temps l’hymne). Amalgame entre les milices populaires, le PUM, la CNT… on sait jamais qui est qui sur les images. Parce qu’au début c’était les milices des syndicats qui se battaient, la république n’avait pas d’armée.
• une scène où on sait pas trop si c’est une mise en scène jouée ou si ce sont des images d’archives.
• au début un texte disait qu’on aurait le point de vue des différents protagonistes, mais tout le long du film un seul point de vue, celui des républicains.
• plein de noms différents utilisés, on ne sait pas bien qui est qui quand on ne connaît pas déjà les différents acteur·ices du conflit : insurgés, républicains etc.
• la France a aidé matériellement ? Pas directement, mais oui au tout début, en ouvrant les frontières.
• étonnement sur la manière de faire le reportage, s’attendait à un truc plus lointain. Le ton et autre donnait l’impression que les gens qui font le reportage ont l’air sympa.
• en général ne donnait pas trop de détail de la politique, des allusions sont faites mais pas ou peu explicitées.
Séance 2 (mardi 21 octobre 2025)
Partie du jeu de société Land and Freedom
Jeux semi-coopératif à 3 joueurs (ou 3 équipes) dans lequel on incarne différentes factions du camp républicain : les communistes, les modérés et les anarchistes. Le but est de repousser les assauts des fascistes en travaillant ensemble sur plusieurs fronts (Madrid, Aragon, Nord et Sud), et chaque faction essaye en parallèle de faire avancer ses propres intérêts à l’intérieur du camp républicain. Les communistes et les modérés se disputent le contrôle du gouvernement tout en demandant de l’aide extérieur, et les anarchistes essayent de faire monter la liberté et la collectivisation pour atteindre la révolution.

Le plateau de jeu se compose d’une carte qui permet de bien appréhender géographiquement les différents fronts de la guerre. Bonne aide pour se représenter visuellement l’Espagne. Le jeu avance en fonction de carte événements tirées au hasard. Toutes ces cartes incluent un court résumé qui permettent d’en apprendre beaucoup (et qui donne envie d’en savoir plus) sur plein d’événements réels de la Guerre d’Espagne. Pour faire face à ces événements les différentes équipes jouent successivement des cartes représentant des personnages ou d’autres événements marquants (Buenaventura Durruti, Staline prend l’argent de l’Espagne etc.), qui ont différents effets et qui comprennent aussi une description historique de ce que représente la carte.
Nous avons formés trois équipes de 2 ou 3 personnes et nous avons joué l’équivalent d’une année de guerre (quatre événements). Le jeu étant en anglais nous prenions le temps de lire et traduire collectivement toutes les cartes jouées. Une personne présente connaissant beaucoup mieux le sujet que les autres, nous avions des informations supplémentaires et des explications sur chaque événement ou sujet abordé sur les cartes. Cela nous a collectivement permis d’aborder de nombreux sujets, épisodes et thèmes autour de la Guerre d’Espagne. Le jeu permettait d’avancer et de découvrir de façon un peu aléatoire des choses très différentes, ce qui a permis une bonne introduction général au sujet sans avoir besoin de faire une présentation scolaire ou chronologique des faits.
Page d’information sur le jeu : Land and Freedom: The Spanish Revolution and Civil War
Séance 3 (mardi 4 novembre 2025)
Écoute du podcast Guerre ou révolution
Écoute collective de l’épisode 2 Guerre ou révolution de la série d’émission de France Culture Une guerre perdue et oubliée sortie en 1986. Tous les épisodes et plus d’informations ici.
Description de l’épisode écouté :
Ce deuxième épisode nous plonge plus en détail sur les différents partis qui constituent le camp républicain. Il se concentre notamment sur le mouvement de collectivisation apparu en 1936 en réponse au coup d’État de juillet 1936.
Cet épisode est central, car il explique à travers des témoignages des différents protagonistes de l’époque les différences idéologiques du camp Républicain autour notamment de la création de collectivités.
Il y a des témoignages d’Abel Paz un anarchiste autodidacte et Manuel Azcarate président du Parti communiste pendant 30 ans.
Collectivisation, le rêve anarchiste
La collectivisation est un mouvement spontané qui commence dans les régions occupées par le camp républicain. Pendant un temps, on peut observer les ouvriers et les agriculteurs s’organiser ensemble pour la gestion des terres et des usines. Pour Abel Paz, « La conscience collectiviste entre les ouvriers et les agriculteurs organisés en collectivité qui possède les terres pour tout le monde est unique au monde« .
Cependant, pour les communistes, ces organisations collectives ont été théorisées par les anarchistes comme le « parfait exemple de collectivisation autogestionnaire » d’après Manuel Azcarate, alors que, toujours selon lui, c’est un mouvement spontané et général en réaction à la crise économique et à l’effondrement de l’État.
Nous avions la possibilité de demander de couper le podcast à n’importe quel moment pour demander une précision ou une explication, discuter d’un point soulevé ou faire part d’une remarque. Temps limité à 10 minutes par coupure, mais nous n’avons pas eu besoin de cette limite et nous avons pu écouter le podcast jusqu’au bout. C’était très dense en information, avec beaucoup d’intervenants différents. Une personne s’est un peu endormie.
Séance 4 (mardi 18 novembre 2025)
Recherche documentaire avec l’aide de plusieurs livres
Nous avions à notre disposition plusieurs dizaine d’ouvrages abordant la Guerre d’Espagne sous plusieurs angles (approches historiques, biographies, témoignages directs etc.). Nous avons choisis deux grands axes et nous sommes divisés en deux groupes pour faire les recherches. Les notes recopiées ci dessous sont en vrac, et n’ont pas forcément de références.
Merci beaucoup à nos ami·es de la librairie anarchiste L’Autodidacte (5 rue Marulaz, Besançon), de la bibliothèque Au Bonheur des Garces (Scops, 12 rue des frères mercier, Besançon) et à des participant·es de nous avoir prêté tout ces livres !
Rôle de l’URSS
- « 3 navires soviétiques auraient, en septembre 1936, apporté 500 tonnes de matériel et 1000 tonnes de munitions » en transitant par la Turquie.
- Septembre 1936 arrivées de plus en plus nombreuses de responsables russes et de représentants du Komintern en Espagne.
- Les correspondant de la Pravda (journal officiel du parti communiste russe) avaient aussi des fonctions militaires.
- Dès octobre 1936 une organisation non officielle de rachat et d’envoi d’armes se monte, surveillé par la NKVD (police politique russe). Transport par la mer car la frontière française est fermée, par l’intermédiaire de documents d’Amérique latine ou de Chine qui certifie que les marchandises viennent de chez eux.
- 22 septembre 1936 Maurice Thorez (secrétaire général du PC français) va à Moscou et plaide pour une aide militaire directe, et pour l’enrôlement de volontaires par les PC des autres pays. Ce sont les futures brigades internationales. L’idée est que ces organisations soient ensuite les principales destinataires de l’aide soviétique, pour que même en Espagne les armes russes soient aux mains de membres du parti communiste.
- Trahison d’une colonne de la CNT par obéissance au PC espagnol (Guerre, exil et prison d’un anarcho-syndicaliste, Cipriano Mera, p42)
Solidarité et arts par delà des combats, et prépondérance des femmes dans ces domaines
- Pièces de théâtre anarchistes itinérantes, de villages en villages, qui récoltais de l’argent pour soutenir les prisonniers anarcho-syndicalistes (Femmes d’Espagne en lutte, p9-10).
- Organisations ouvrières s’emparent des secteurs économiques vitaux de la ville et les organisent (La section italienne de la colonne Ascaso, p25)
- Jeux d’échec sur les fronts.
- Poèmes dans les journaux libertaires. Poésie de Lucia Sanchez Saornil et son recueil Romancero de Mujeres Libres publié en 1937.
- Organisation Mujeres Libres (« Femmes libres » en français), non reconnue par la CNT/FAI
- 20000+ cotisantes en 1938, plus de 150 groupes locaux
- Édition d’une revue. 1er numéro sorti quelques semaines avant le début de la guerre puis parution pendant toute la guerre jusqu’à la victoire des forces franquistes.
- Formation scolaire contre l’analphabétisme, cours d’algèbre, d’histoire politique et sociale, d’économie.
- Stages de formation professionnelle pour les femmes
- Ouverture de fermes-écoles, centres de tir, garderies gratuites.
Séance 5 (mardi 2 décembre 2025)
Quizz et discussion autour de la chronologie
Des bout de papiers avaient été préparés avec différents événements marquants de la Guerre d’Espagne, et la date exacte au dos. Le but était de placer, après discussion collective, ces différents événements dans les différentes colonnes représentants les différentes années de la guerre. L’intention est de créer une représentation visuelle de la chronologie pour aider à la compréhension et à la mémorisation.

On a ensuite retourné les cartes une à une pour voir nos erreurs et les remettre dans le bon ordre si besoin, et en discutant plus en profondeur les événements quand cela intéressait l’un·e de nous. Nous avons utilisé les livres de la séance précédentes pour chercher quelques précisions sur certains événements.
Séance 6 (mardi 16 décembre 2025)
Bilan
(Tous les prénoms ont été modifiés)
Retours sur le sujet de la Guerre d’Espagne
Thibaut : a trouvé que les ouvrages étudiés ne parlait pas trop de comment s’organisait la vie à l’échelle individuelle, la vie quotidienne. On connaît les grandes tendances (collectivisation etc.) mais pas de trucs très précis. Land and freedom (le film de Ken Loach) résume assez bien le conflit et j’ai appris par ce biais là sur la guerre d’Espagne.
Henriette : Les russes ont envoyés 800 avions !!
Roxanne : Tout ce qui a été dis j’ai appris parce que n’y connaissait rien. Étonné·e du fait que sur un coup d’état fait par l’armée qu’ils n’aient pas gagnés directement. N’arrive pas à ressortir des trucs précis sur une meilleure compréhension.
Warrane : Sur le contexte n’avait pas tant d’info que ça et il m’en manque encore beaucoup. Mieux perçu relation entre communistes et anarchistes : pensait avant qu’ils étaient très alliés.
Serge : rien retenu, n’est venue que deux fois mais pour des trucs oraux donc n’arrive pas à retenir de cette façon. Aurait dû prendre des notes pendant ces trucs là.
Aymon : n’a rien appris de nouveau (à part que George Orwell en a marre du pot au feu et que 80 % des bouquins des anarchistes sont infernaux) parce qu’iel avait fait des cours de niveau fac sur ce sujet là. Mais a bien aimé les différentes séances et d’en parler et d’aider les gens. Pas trop parlé de la répression qui s’est fait côté républicain et côté anarchiste : les cocos avaient les tchekas qui sont des sortes de prisons pour les anti-révolutionnaires, et apparemment les anarchistes avaient aussi leurs propres prisons anti-révolutionnaires, mais pas beaucoup d’infos dessus. La droite espagnole encore aujourd’hui réduit toute la guerre aux tueries intestines et aux assassinat perpétrés par les républicains/communistes, comme au début du siège de Madrid (massacre de plusieurs milliers de personnes).
Retours sur les formats des séances
Court métrage
Cool pour introduire. Discussion après chouette, avec quelques questions. Serge aurait bien aimé savoir à l’avance ce à quoi il aurait fallu faire attention, ça allait vite, se sentait un peu noyé, aurait eu besoin d’un autre support à côté, pourquoi pas à remplir au fil des séances. Ou de faire des pauses ? Mais ça peut couper dans le flux du truc. Peut-être que ça dépend des films, mieux sur des documentaires, ça dépend aussi de la durée (pauses quand c’est plus long).
Jeu de société
trop stylé, bien kiffé. Aymon qui connaissait plein de choses donc un peu animateur qui peut nous expliquer et nous en apprendre plus. Ça permettait d’être un peu plus profond dans le sujet, vue d’ensemble et en même temps des trucs précis. Aurait bien aimé que ça vienne plus tard, parce que trop zoomé alors que pas encore assez d’info donc difficile à retenir. M’a bien servi à me représenter les choses, et notamment à replacer ensuite les différents événements physiquement dans l’espace. Le jeu était long et donc la séance était trop courte pour finir complètement une partie.
Podcast
Compliqué de suivre si t’étaient fatigué. Se pose la question de si on se sent de couper le podcast pour poser une question ou pas. Doit prendre des notes sinon trop dur le podcast, mobilise beaucoup d’attention. Donner des missions aux gens, de préparer quelque chose à faire pendant le podcast ?
Recherche documentaire
Henriette : un peu dur parce que pas habituée mais intéressant.
Aymon : chiant parce que en a trop fait dans sa vie.
Thibaut : bien aimé parce que a retenu deux trois trucs tirés des bouquins, et bonne idée la restitution à la fin. Mais dur de parcourir des livres de 400 pages dans la séance pour trouver des trucs.
Jeu chronologique
Thibaut : ne m’a pas permis de bien retenir, trop d’informations. Préfère lire des livres et prendre des notes.
Aymon : l’aurait couplé avec un truc plus spatial, avec une carte par exemple sur laquelle on colle les bout de papier.
💡 Formats qu’on aurait bien aimé voir
Écouter des chansons populaires avec des paroles traduites (aurait permis de voir le racisme contre les marocains par exemple), faire des coloriages, faire une contre-cartographie en dernière séance.
